Pierre-Auguste Renoir, né le 25 février 1841 à Limoges, est l’une des figures les plus emblématiques de l’impressionnisme. Dès l’âge de quatre ans, sa famille s’installe à Paris, où Renoir commence à travailler comme apprenti à seulement 13 ans, peignant des fleurs sur des plats de porcelaine. Cet apprentissage laisse une empreinte durable sur son art, qui restera décoratif même lorsqu’il adoptera un style plus réaliste.
En 1862, Renoir intègre l’Atelier Gleyre à Paris, où il se lie d’amitié avec
Claude Monet,
Alfred Sisley et Frédéric Bazille. Il rencontre également d’autres grands peintres comme Camille Pissarro et Paul Cézanne. Cette période marque le début de sa carrière artistique.
Renoir expose pour la première fois au Salon en 1864, mais ses travaux sont rejetés par le jury. Ce n’est qu’en 1867 que son portrait “Lise”, représentant son modèle Lise Tréhot, est accepté. Entre 1868 et 1870, il partage un atelier avec Bazille à Paris et passe l’été 1869 avec Monet à Bougival, où ils expérimentent les techniques de plein air. Cette période est cruciale dans l’élaboration des principes de l’impressionnisme, illustrés notamment par la célèbre toile “La Grenouillère” (1869).
La période impressionniste de Renoir, la plus marquante de sa carrière, s’étend de 1874 à 1879. Il participe activement aux expositions impressionnistes de 1874, 1876, 1877 et 1882. En 1877, il cofonde la revue L’Impressionniste, où il rédige un article exposant sa vision de l’art contemporain. Parmi ses œuvres les plus célèbres de cette époque figurent “Le Moulin de la Galette” (1876), où il peint des scènes de vie parisienne animées, souvent peuplées de ses amis artistes et de figures de Montmartre.
À la fin des années 1870, Renoir se fait également connaître pour ses portraits, dont “Le Portrait de l’actrice Jeanne Samary” (1877) et “Mme Charpentier et ses enfants” (1878), présentés au Salon officiel. En 1880, il rencontre Aline Charigot, qu’il épouse en 1890. Ils auront trois fils : Pierre (né en 1885), Jean (1894), qui deviendra un réalisateur de renom, et Claude (1900).
Cette même année, en 1880, Renoir se casse le bras droit et, pendant un certain temps, il peint avec sa main gauche. En 1881, il voyage en Algérie, où il est captivé par la lumière méditerranéenne, puis en Italie, où il découvre l’œuvre des maîtres de la Renaissance et les sites antiques de Naples et Pompéi, influençant durablement son art.
Le chef-d’œuvre “Le Déjeuner des canotiers” (1881) marque l’apogée de sa carrière, illustrant son talent pour capturer des scènes de vie avec un sens aigu de la lumière et de la couleur. Cependant, à partir de 1888, Renoir traverse une période de doute artistique. Il renie certaines de ses compositions, les jugeant trop rigides, et adopte une nouvelle technique, parfois appelée “période nacrée”, caractérisée par une plus grande fluidité dans le trait et une palette de couleurs plus chaudes.
En 1886, le marchand d’art Paul Durand-Ruel expose 32 de ses œuvres à New York, ouvrant ainsi les portes du marché américain à l’impressionnisme.
Renoir finit par quitter Paris pour s’installer à Cagnes-sur-Mer, où il vivra les vingt dernières années de sa vie. En 1888, il subit les premières attaques d’arthrite, une maladie qui finira par paralyser son bras droit en 1898. Malgré les douleurs atroces, Renoir continue de peindre en attachant un pinceau à son poignet.
Peu avant sa mort, en 1919, il achève l’une de ses dernières grandes œuvres, “Les Grandes Baigneuses”, une composition ambitieuse inspirée des maîtres de la Renaissance comme Rubens et des grands peintres vénitiens.
Pierre-Auguste Renoir s’éteint le 3 décembre 1919 à Cagnes-sur-Mer. Il est enterré à Essoyes, aux côtés de son épouse Aline.